LAPSE_RELAPS(e)

"Amie, aimez et faites ce que vous voudrez."

 

LAPSE                   projet participatif graphique et manuscrit 

RELAPS(e)          performance-documentaire vocale solo                                                      environ 40 mns

 

conception, réalisation, interprétation : Florian Paichard

 

Projet de création 2020-2021

Lapse

C’est le jugement rendu par l’Inquisition, à la « dérive » que représente l’ouvrage théologique et mystique Le Miroir des simples âmes anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour de Marguerite Porete. 

 

Interdite puis systématiquement détruite, l’oeuvre de Marguerite Porete a été copiée clandestinement et illégalement au péril de la vie des copistes et de ses commanditaires. 

Pour le 710ème anniversaire de la mort de Marguerite Porete le 1er juin 2020, un projet participatif a été lancé. L'objectif est de recopier à la main, mot à mot, l’intégralité du manuscrit du Miroir (écrit en moyen français et conservé à Chantilly)  et ainsi questionner la valeur de cette action qu'est la "copie" située entre appropriation, interprétation, création et transmission. Accompagné de paléographes, l’idée est de réunir le plus de personnes disposées et disponibles pour participer à cette performance et créer ainsi un nouvel objet manuscrit relié et unique composé d’écritures, de formats et de papiers différents, fruit de moments intimes, anonymes et silencieux. L’objet final sera numérisé et diffusé sur le site de la compagnie et matérialisé sous forme de fanzine auto-édité par la compagnie.

Pour compléter la démarche, il sera question de commenter, de chiffrer l’action et d’interroger le prix d’une telle performance aujourd’hui (symbolique, financière, dans sa longueur, son effort, dans ses difficultés, physiques, psychologiques, culturelles, dans sa lecture…).   

Relaps(e)

C’est le verdict qui condamnait Marguerite Porete, refusant de renier ses écrits et de se retracter, au bucher. Elle fut exécutée en place de Grève à Paris le 1 juin 1310.

 

Dans cette performance, il sera question de mettre en sons et en vocalités des notions aussi diverses et variées que le silence, le Loin-Près ou la saturation, en requestionnant des formes et pratiques de diffusions orale de la parole écrite d’hier et leurs équivalents contemporains, de la prédication et la lecture publique aux types discours ou encore au slam d’aujourd’hui.

Pour cela, j’ai souhaité, en premier lieu, m’accompagner d’un objet aussi familier que symbolique à l’époque, à savoir le vase, le pot, à la fois objet usuel et courant mais aussi métaphore symbolique du mystique en tant que réceptacle de l’essence divine.  

En collaboration avec les artisans céramistes de porcelaine toulousains Ismaël Carré et Sandrine Tortikian, j’ai cherché à faire évoluer cette forme et à optimiser les propriétés acoustiques très riches de la porcelaine en transformant ces vases et bouteilles en cloches, autres objets particulièrement symboliques à la période médiévale.

Nous sommes donc en cours de réalisation d’un carillon de dizaines de cloches en porcelaine de tailles différentes. La note étant particulièrement difficile à maitriser et à uniformiser (malgré l’utilisation de moules et de temps de séchage et cuisson identiques), j’ai décidé de créer un corpus sonore non harmonique (ni modal) et de le travailler suivant différents modes de jeu (à la baguette, au maillet, à l’archet…)